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ESTRAMBORD GARONES 
Éditorial Pour être une femme, un homme de son temps, il faut d'abord être nourri de son passé, pour construire un futur à dimension humaine. C'est pourquoi une tradition renaît à Toulouse, avec celle des joutes occitanes, jeu nautique autrefois pratiqué par les pêcheurs de 1'lle de Tounis, du quartier Saint-Cyprien et de tous ceux qui vivaient et travaillaient au bord du fleuve.
Depuis 1995, 1"'Estrambord Garones" (enthousiasme garonnais en occitan) a relevé de nombreux défis. Aujourd'hui encore, une page de son histoire se tourne et le trait d'union entre Toulouse et Sète se précise. "Méditerranée" et "Étang de Thau" les barques sétoises, qui porteront désormais les noms de "Raimond" et "Riquet", sont venues couler des jours, que l'on souhaite heureux, sous la verte frondaison du Canal du Midi, ou sur le dos de Garonne. Les "chevaliers de la tinlaine" vont s'affronter, ceux de Toulouse contre ceux du littoral méditerranéen ; force et adresse seront au rendez-vous, mais aussi et surtout respect et fraternité.
Toi, toulousain de souche, d'adoption, de cœur ou de passage, laisse tes pas te conduire au bord de Garonne ; "régale-toi" du spectacle et écoute cette vieille et noble Dame te conter son histoire.
 | Marie-Hélène MAYEUX-BOUCHARD Présidente - Fondatrice d'ESTRAMBORD GARONES |
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Historique des joutes
La tradition des joutes nautiques remonte très loin dans le temps. Déjà, dans l'Égypte Ancienne, des bas-reliefs retrouvés dans des tombeaux en attestent. Plus tard, les Romains, friands des jeux du cirque, organiseront des naumachies où se mesureront des hommes sur des embarcations.
Au XIIe siècle, en France, en Angleterre, dans les pays nordiques, des pêcheurs s'affronteront par jeu, mais aussi pour défendre leur "territoire" de travail.
Le XVIIIe siècle y verra le prétexte |
de somptueuses fêtes données à l'occasion d'événements royaux (naissances, mariages, ou visites protocolaires).
Toulouse (1 739) vit le Comte de Caraman, fils de Pierre-Paul Riquet, organiser, Port Saint Sauveur, une " fête noble " où les jouteurs sétois firent montre de combativité, devant une assemblée de notables.
La tradition toulousaine perdurera jusqu'à la fin des années 20 ; seuls quelques tournois exhibitions viendront rappeler cette coutume. |
Aujourd'hui, l'ESTRAMBORD GARONES, lance un défi à l'avenir.
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Les joutes nautiques en France
Plusieurs méthodes de joutes sont pratiquées en France. Même si les règles, les équipements sont différents, l'objectif reste le même : projeter l'adversaire à l'eau !

Nous en citerons quelques unes : les joutes arrageoises (Arras), givordines (Givord), languedociennes (sète), lyonnaises, parisiennes, provençales, strasbourgeoises...
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Les invités d’Estrambord Garones
- 1996 - 1997 - 1998
Les monopalmes du club H20 se prirent pour les filles d'Achéléos.
- 1997
Le " DRAGON BOAT " ou barque du dragon, sport ancestral chinois, vint glisser sur le dos de Garonne, pour sa 2e sortie en France.
- 1998
Les LLAGUTS DE REMS (barques catalanes) de BACAREMS, disputèrent, sur le fleuve, des courses en ligne.
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L’arrivée des barques
En ce mois de juin 2000, la météo s'était mise à l'unisson de l'émotion qui régnait sur les bords du Canal Royal à Sète, lorsque les barques, "la rouge" et "la bleue" quittèrent leurs marraine sétoise pour venir à l'ancrage toulousain, Port Saint Sauveur. En ce même lieu, quelque trois cents ans en arrière, le Comte de Caraman y organisait une "fête noble" où les joutes languedociennes (sétoises) firent leur première apparition.
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Son Histoire
L’association ESTRAMBORD GARONES (enthousiasme garonnais en occitan) vit le jour en 1994. Son objectif premier étant de faire revivre les traditions directement liées à la Garonne et au Canal du Midi, elle organisa dès septembre 1996, la lre édition des joutes languedociennes et musiques traditionnelles. Près de 18 000 spectateurs envahirent le Port de la Daurade et les quais. 1997, vit le même engouement de la population pour ces " chevaliers de la tintaine ". Quand le Mondial 98 de football accueillit l'association, celle-ci, durant une semaine en collaboration avec l'association ARCHISTRA, proposa diverses manifestations : concours de dessins d'enfants sur le thème des jeux nautiques, exposition Centre Saint Jérôme (15 000 visiteurs) sur l'histoire du fleuve, un livre (Prix 99 de l'Académie du Languedoc) de Pierre Salies, |
" Sur les rives de l'exploit : les Toulousains et " leur " Garonne ", et enfin un tournoi de joutes !
Des médias étrangers présents sur le site (BBC - Hong Kong TV), à cette occasion, firent ainsi découvrir à leurs ressortissants, un "pan" de nos traditions !
Année sabbatique, 99 permit de mettre en place l'école de joutes et d'acquérir les barques avec l'aide de nos partenaires (Mairie de Toulouse - Direction Régionale de la Jeunesse et des Sports Générale des Eaux - Conseil Régional - Conseil Général Matebat).
A l'aube du XXIe siècle, l'ESTRAMBORD GARONES espère accueillir, former, de plus en plus de jouteurs, de rameurs et caresse l'espoir de voir un des siens gagner le Saint Louis sur le canal Royal à Sète.
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Les membres de l'association
- Présidente - Fondatrice :
Marie-Hélène MAYEUX-BOUCHARD
- Vice-Présidents :
Gabriel ARCIZET, Gilbert BOUCHARD
- Secrétaire Général :
Claire CONTIGIANI-FORTET
- Secrétaire Général Adjoint :
Sandrine BLANCO
- Trésorier :
Betty BOULET
- Trésorier Adjoint :
Jean-Claude GLEYZES
- École de Joutes
Codirecteur : Sandrine BLANCO, Gilbert BOUCHARD
Conseiller Technique : Jean-Luc VEBER de Sète
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Encore un livre sur la Garonne ? Oui : celui qui manquait, et devenait le plus 'nécessaire aujourd'hui. Auteur, Pierre SALIES, profitant d'une abondante documentation collectée au cours de longues années de recherches d'Histoire, décrit les liens qui ont attaché et attachent toujours les Toulousains à leur fleuve. Certes, le cadre a changé, les conditions de vie aussi, mais les raisons de profiter de l'aubaine d'un beau fleuve et de l'aimer persistent et, mieux, se renouvellent. Ces raisons sont-elles bien connues ? Pour y parvenir, la voie purement " savante " ne suffit pas. La découverte du petit fait précis et significatif, l'anecdote pittoresque, mais aussi chargée de sens, la vraie connaissance de l'esprit du temps et des gens, leurs idées réelles et non celles qu'on leur prête, leur langue même. |
C'est tout cela l'Histoire, qu'il faut savoir lire, bien plus sur l'herbe des ramiers que sur les académiques tapis verts, dans la " gabare " du pêcheur de sable, au banc du bateau-lavoir, plus que sur le banc de l'amphi ou sur des coussins devant la télé. L'enjeu ? Vérifier que cette Garonne qu'on a cru défunte, en tout cas moribonde, est toujours bien vivante et même source de vie. De vie sportive et de spectacles. Des radeaux de jadis aux joutes d'aujourd'hui, le droit-fil de l'histoire de Toulouse suivrait-il le fil de l'eau de Garonne ?
La réponse à ces interrogations :
Les Toulousains et 96 « leur » Garonne de Pierre SALIES |
Comment se procurer le livre ?
Par courrier :
ESTRAMBORD GARONES
6, impasse du Ramier des Catalans - 502 B
31000 TOULOUSE
Joindre un chèque de 125 F (100 F + 25 F de frais d'envoi) libellé au nom de l'association
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La Daurade... TOULOUSE et la VIERGE
L'origine, c'était un monument antique, de forme assez étrange, car le plan était décagonal. Dix côtés, cela laisse l'impression de rond : la chapelle ronde. Une rue voisine en porta le nom, aujourd'hui oublié : rue de la Capelle Redonde. Cette première église était surmontée d'une coupole percée au centre, comme le Panthéon de Rome. Dès 584, on l'appelait l'église Sainte-Marie. Mais à l'intérieur, c'était une splendeur dorée, une extraordinaire imagerie, où la Vierge Marie tenait la place principale, dans des mosaïques en cubes de verre coloré et de feuilles d'or.
Ce fut Notre-Dame-la-Dorée Beata Maria Deaurata
Dans la ville, un peu plus au sud, une autre église était vouée à Notre-dame, mais était au contraire, toute blanche : Beata Maria de Albata Notre-Dame-la-Blanche ! C'est l'actuelle Dalbade.
Le temps, qui n'épargna pas la Daurade, fragilisa la voûte dont le poids faisait boucler les murs. Il fallut démolir et - passons maintes péripéties - en 1773, l'architecte Philippe HARDY reconstruisit le tout et créa le beau monument que nous admirons aujourd'hui. Mais si les dorures avaient disparu, le nom cependant resta. Observons en passant qu'il faut dire Notre-Dame « la » Daurade, et non « de la » tandis qu'il est logique de dire le port de la Daurade, car c'est, le nom du quartier.
Dans l'église blanche, il y eut une statue de la Vierge à la figure rose. Dans l'église dorée, la Vierge est... toute noire !
Certains textes anciens parlent de Notre-Dame la Brune. Il est vrai que sous l'ancien régime, nos amis les " Noirs Africains " ou " originaires d'Afrique " étaient qualifiés de "noircis", notation nullement péjorative. Et comme, dans notre bon patois, noir se dit nègro, on avait en langage populaire : Nostro-Damo-la-Nègro. Et, sous ce vocable ou ses variantes, la Vierge Noire fut, en fait, très populaire. Quand un pêcheur, de sable ou de poisson, voyait passer une femme africaine,
chose jadis beaucoup plus rare qu'aujourd'hui, il se trouvait toujours un malicieux pour dire : « Té Nostro-Damo-la-Nègro qué sé passéjo ! » (Notre-Dame la Noire qui se promène !)
Il y avait de grandes raisons à cette popularité. L'une, c'est que Notre-Dame la Noire savait "sortir" de son église et descendre dans la rue pour aller vers le peuple, et voler à son secours dans les circonstances les plus graves et les plus désespérées. Ces circonstances étaient essentiellement : la pluie et la sécheresse. L'une comme l'autre, compromettant les récoltes, les détruisaient parfois, créant des situations tragiques et générant d'épouvantables famines.
La sécheresse favorisait un autre terrible fléau : l'incendie.
La pluie engendrait souvent, très souvent, de graves inondations de Garonne. A ces calamités, il faut encore ajouter la peste !
Les hommes, fusent-ils Capitouls, étaient vite désarmés devant ces fléaux. Quand la menace se précisait, que les prières courantes semblaient sans effet, et que la situation s'aggravait, alors on " sortait " la statue de Notre-Dame-la-Noire. Une procession parcourait les rues, se dirigeant vers le lieu du sinistre, lieu qui, très souvent, fut la Garonne.
Depuis quand ? En 1637 on parle déjà d'un "ancien usage". A ces processions assistaient les Capitouls en Grande robe, avec leurs hautbois. La compagnie du guet assurait le service d'ordre. La Vierge Noire était parée de ses plus beaux atours. A côté des porteurs de la statue, quatre autres porteurs tenaient chacun une torche de cire de huit livres.
Un mandement de l'Archevêque enjoignait aux communautés et aux paroisses d'assister aux cérémonies : solennité de la descente, grand messe, vêpres, procession... On prévoyait aussi l'exposition de la statue sur le grand autel pendant huit jours pour que le peuple puisse venir l'honorer dans son église, prier et dire son angoisse.
Il est certain qu'en cas d'incendie, cette procédure était quelque peu simplifiée. On s'empressait de porter la statue près du lieu du sinistre. Ainsi en fut-il en 1672, lors du grand incendie du faubourg Saint-Michel, qui avait pris une effroyable ampleur. Dès l'arrivée de la Vierge Noire, le vent d'autan cessa et l'incendie ne progressa plus. Lors des inondations de 1675 et de 1678 Notre-Dame la Noire fut portée processionnellement au Moulin du Château et à l'île de Tounis, encore épargnés mais gravement menacés. N'oublions pas qu'un moulin détruit, c'était la famine certaine.
Nous ne pouvons énumérer la très longue chronologie de ces "sorties" de la Vierge, mais n'oublions pas que la protection obtenue ne concernait pas seulement la ville, mais s'étendait à toute la campagne toulousaine, parfois bien au-delà.
Comment quitter cette incursion, bien incomplète, dans ce riche passé de notre ville, sans évoquer un autre aspect de la protection de la Vierge Noire ? C'est celle que sollicitaient les femmes en espérance de maternité, venues apaiser leurs craintes.
Que Notre-Dame-la-Noire reprenne le chemin du peuple, dans les magnifiques habits dont on l'a toujours parée.
L'action de la si vaillante association Estrambord Garones rend possible un tel retour.
Pierre SALIES
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